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Maurice Geeroms (Maurits)et Jeanne Vander Perre
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Description (historique/actualité/....)
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Volontaire sur le front, gazé puis rescapé de la Grande Guerre, aidant de la Résistance en 40-45, le Ganshorenois/Berchemois Maurice Geeroms s'est investi toute sa vie dans le théâtre amateur flamand, comme comédien et comme metteur en scène. Il voulait contribuer à l'éducation des classes populaires flamandes en diffusant le "néerlandais commun" comme base d'émancipation, en lieu et place du Français qui avait montré ses limites, notamment dans les tranchées.
Des études interrompues
Né d'un père menuisier le 17 décembre 1897 à Koekelberg dans une famille comptant 9 enfants, il se destine à la prêtrise et fréquente le séminaire (en français) quand un incendie ravage la menuiserie familiale. Ayant tout perdu, le père se suicide alors que Maurice n'a que 15 ans. Comme il est inconcevable à l'époque qu'un suicide entache la renommée d'un futur prêtre, Maurice est mis à la porte du séminaire. On est en 1913.
Volontaire de guerre
Vient la guerre pendant laquelle les Allemands se montrent particulièrement cruels avec la population. Empreint de sentiment patriotique et de haine pour ces vils ennemis, Maurice décide, une fois atteints les 18 ans, de rejoindre les troupes belges en passant par les Pays-Bas, comme le feront 30 000 Belges à l'époque. Il tente une première fois de passer la frontière avec un comparse mais ils échouent. N'y tenant plus, il tente une deuxième percée quelques mois plus tard, décidé à "réussir ou mourir". Il se rend du côté de Saint-Tronc, vole une échelle dans un grange la nuit, la jette sur les fils de clôture électrifiée et réussit à sauter de l'autre côté sous les balles d'une sentinelle allemande qui le rate tandis qu'il s'éloigne en sautant de fossé en fossé. Il rejoint l'Angleterre où il reçoit une formation d'éclaireur d'artillerie (étant capable d'informer ses supérieurs en français) avant d'être envoyé sur le front en France. Il relate tout cela avec beaucoup d'enthousiasme naïf jusqu'au jour où il écrit "avoir subi un tel bombardement que c'est un miracle que j'en ai échappé sans égratignure; nous avons perdu un homme et deux chevaux". Son carnet devient muet après cet épisode. Plus tard victime du gaz et d'un éclat, il reçoit diverses décorations mais garde une fragilité psychologique toute sa vie.
Du théâtre à la confection de faux papiers
Il s'engage dans une troupe de théâtre amateur berchemoise, "Het Rozetakje" où il rencontre Jeanne Vander Perre, de 3 ans sa cadette, meurtrie par l'occupation et une déception amoureuse, et qui deviendra sa femme en 1923. Ils participent à des concours de théâtre à Bruxelles et périphérie en 1927-1928. L'un et l'autre se produisent avec la troupe royale "De Meibloem" au Théâtre Royal Flamand au moins à trois reprises documentées, en 1932, 1935 et 1948. De comédien, il devient rapidement régisseur/metteur en scène. Il fonde plusieurs troupes amateurs, dont le "Oude-Lerelingenbond Ganshoren" dont les statuts d'une association "Toneelvrienden" apparaissent en 1932, qui se produit surtout pendant l'occupation 40-45 et qui jouera un rôle dans la confection de faux papiers pour la résistance (à l'occasion des répétitions, Maurice signe les faux papiers de sa belle écriture de fonctionnaire).
Poste-restante pour l'Armée Blanche
Pour gagner sa vie, Maurice travaille à la CGER (la banque d'Etat) ce qui lui permet de soutenir sa femme, au départ quasi-illettrée, qui investit dans une droguerie-herboristerie à Ganshoren et enfin à Berchem Sainte-Agathe, au 207 avenue Josse Goffin. Ce magasin sera le siège d'écoute de radio Londres et de divers trafics, sorte de "poste restante" de l'Armée Blanche. Trois réfractaires, ex-militaires démobilisés, y seront successivement cachés, nourris par des cartes de rationnement fournis par le bourgmestre de Ganshoren (résistant notoire) Joseph Peereboom. A la libération, c'est un ancien prisonnier de guerre et des soldats anglais qui y furent successivement hébergés.
Jeanne travaille comme bénévole à l'hôpital militaire allemand "hôpital français") en face de sa boutique, et entretien d'excellents rapports avec les médecins-officiers allemands, ce qui lui permet de voler de la nourriture pour l'Armée Blanche. Ses produits, p.ex. le savon et le matériel de couture, prend de la valeur et lui permet de faire du troc avec les paysans de Buizingen (où ils laissent leur fille tuberculeuse dans une cabane sur leur terrain potager, seule pendant les vacances scolaires - elle y assistera à l'attaque par les allemands d'un repère de réfractaires).
Une famille théâtrale
Après la guerre, ils continuent leurs activités théâtrales, dans lesquelles leur fille Betsy intervient de plus en plus comme figurante. Maurice anime aussi par la suite du théâtre scolaire entre le lycée de sa fille et un Athénée de Garçons à Molenbeek (Betsy y rencontrera son futur mari, Laurent Kestemont, qui fera carrière professionnelle en tant que comédien sous le nom de Laurent Lurkor dans les années 1960).
Maurice dirige la troupe de théâtre de la CGER, De Bijenkorf, dans les années 1945 à 1951. Il dirige aussi au moins une représentation du cercle de théâtre berchemois "Het Meiklokje" en 1951. Lui et sa femme reçoivent des décorations et diplômes pour leurs 25 ans d'activité dramatique en 1951.
Auteur: Bruno Kestemont sur base de documents et récits de Jeanne et Betsy.


