Photo: Redvers, via Flickr

Rechercher un nom, un lieu:



Section :

 Rue d'Isabelle

Photo(s) (17)
[+1 photo dans les sous-sections ci-dessous]

Repérage sur plans


Sous-sections :

  1   Maison d'éducation pour les jeunes Demoiselles (Rue d'Isabelle 32-38)

Classement de la section:

Les bâtiments > Les bâtiments remarquables (patrimoine) > Les bâtiments et éléments disparus > Les rues disparues >  Rue d'Isabelle

Description (historique/actualité/....) :

Elle reliait la place des Bailles à la rue des Douze Apôtres.
Plus ou moins parallèle à la rue Royale, elle a été ouverte le long de la muraille de la première enceinte (côté ville).


Le cours du ruisseau Coperbeek, passé l'enceinte, se divisait en deux bras : l'un suivait le tracé de la rue Terarken, l'autre coulait parallèlement à l'enceinte sur une longueur d'environ 500 m puis oblique à gauche pour rejoindre l'autre bras à hauteur de la rue de la Putterie.
L'espace entre le vallon du Coperbeek et l'enceinte était occupé par le chenil de la meute ducale ; il prit le nom de Hondsgracht (fossé-aux-chiens). Plus tard, il servira de terrain d'exercice à la grande Gilde des Arbalétriers.

Le 15 mai 1615, l'Infante Isabelle abat l'oiseau du Grand Serment placé sur l'église du Grand-Sablon.
Nommée reine du Grand-Serment, elle comblera celui-ci de nombreux dons et cadeaux.

La même année, elle charge l'architecte François Franquart d'aménager une rue reliant le palais ducal à la collégiale des Saints Michel et Gudule pour lui permettre de s'y rendre plus facilement.
Pour dédommager les arbalétriers qui perdaient leur terrain d'exercices compris entre la rue d'Isabelle et l'enceinte, un terrain est acquis sur le domaine de l'hospice Terarken et une vaste demeure est construite, adossée à l'enceinte : la « Domus Isabellae ».
De forme carrée, le bâtiment sert aux rencontres et festivités du Grand Serment.
L'Infante fait construire de part et d'autre de la rue de petites maisons pour y loger sa garde noble (les archers de la Cour) et sa garde bourgeoise (les hallebardiers).

En 1754, on y entrepose les livres et les manuscrits qui avaient pu être sauvés lors de l'incendie du Palais des ducs de Brabant.
L'humidité et l'insuffisance des locaux poussent les responsables à transporter les collections dans l'ancien palais de Charles de Lorraine.

Lors de l'aménagement de la place Royale (1774-1780), l'extrémité sud de la rue d'Isabelle, entre la place Royale et la rue Terarken, est comblée afin de la mettre à niveau avec la place Royale. La partie subsistante de la rue est reliée à la rue Terarken.
La nouvelle rue Royale, conçue par Guimard, transforme tout le quartier.
Comme l'arrière de la « Domus Isabellae » ne correspond plus aux valeurs architecturales du XVIIe siècle, Guimard décide de le masquer par un massif arboré.
Le 26 novembre 1796, l'administration départementale française met en vente la «Domus Isabellae» avec obligation au nouveau propriétaire de construire à ses frais un escalier reliant la rue Royale à la rue d'Isabelle (l'actuelle rue Baron Horta).

De décembre 1907 à janvier 1908, le pâté de maisons des n° 57 à 71 de la rue d'Isabelle est démoli pour le développement du siège de la Société Générale. Un mur de courtine de la première enceinte de plus ou moins 30 m compris entre deux tours est mis à jour et détruit.
La rue d'Isabelle sera sacrifiée au profit de la rue Ravenstein qui ouvre enfin une liaison correcte entre la place Royale et le centre de Bruxelles mais à plus de 10 m plus haut.
Aujourd'hui, une partie de cette rue, comprenant des vestiges du Palais des ducs de Brabant, est visible au Musée BelVue.

La rue d'Isabelle, de l'aménagement de la place Royale aux fouilles archéologiques entamées en mai 1995. 

En 1776, par décision royale de Marie-Thérèse, l'abbaye de Grimbergen obtient un terrain situé au nord-ouest de la place Royale comprenant les fondations de l'Aula Magna, de la Chapelle et d'une partie de la rue d'Isabelle.
Les vestiges serviront de fondations et de caves à l'hôtel qui sera construit au même niveau que la place Royale.
Au cours du XIXe et XXe siècle l'hôtel deviendra successivement le café de l'Amitié, le café Royal, la librairie Muquardt, la Lloyds Bank, le Ministère de la région bruxelloise.
En 1965, le colonel de la Kéthulle de Ryhove et les capitaines Hervier et Ervijnck dressent un relevé topographique des vestiges existants.