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Section :

 Léopold II

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Sous-sections :

16 9 Boulevard Lambermont
18 60 Boulevard Anspach (Boulevard Central (ancien nom))
5 34 Parc du Cinquantenaire
13 25 Boulevard du Souverain
10 55 Mont des Arts (Jardins de l'Albertine)
1 41 Basilique de Koekelberg (Basilique du Sacré-Coeur)
1 22 Place Stéphanie (Avenue de la Grosse Tour (en 1872), Rue Stéphanie (encore en 1887))
1 50 Palais du Roi de Bruxelles (Palais Royal de Bruxelles)
  6 Tour Japonaise
  20 Pavillon Chinois
  15 Hôtel Astoria (Rue Royale n°103)
  6 Rue Brederode n°10 (Chalet suisse, Chalet norvégien)
  49 Palais de Justice
  2 Caserne Rolin

Classement de la section:

Personnes célèbres > Souverains et souveraines, rois et reines >  Léopold II

Description (historique/actualité/....) :

Biographie contextuelle

ReflexCity ne cherche pas à retracer la biographie complète des célébrités, ce qui ferait double emploi avec une multitude d'autres sites bien plus détaillés et précis, que chacun peut aisément consulter. Nous nous limitons ici à situer sommairement la personnalité et à mettre en évidence ses liens avec la région bruxelloise, chronologiquement et géographiquement.
Né le 9 avril 1835, fils de Léopold Ier, petit-fils de Louis-Philippe Ier, dernier roi des Français, il sera le deuxième roi des Belges.
En 1853, il avait épousé Marie-Henriette de Habsbourg- Lorraine, pur mariage politique.
Il prête le serment constitutionnel le 17 décembre 1865.
Il régnera aussi, à titre personnel, sur l'État indépendant du Congo, de 1884 à 1908.
Il décédera le 17 décembre 1909.

Son règne

Il est le plus long de l'histoire de Belgique, 44 ans, et aussi le plus controversé.
En raison de la vie privée « tumultueuse » du souverain, de son côté « caractériel », mais aussi et surtout à cause de la colonisation du Congo et des atrocités, réelles et supposées qui s'y sont commises.

Sans vouloir aucunement nier cette réalité, ces questions ne seront pas développées ici, au simple motif que l'objet du site est exclusivement de mettre en évidence le patrimoine de la région bruxelloise.
De plus, une littérature surabondante est consacrée à la « Question congolaise » et aux « frasques » de Léopold II.
Nous nous limiterons donc à situer en quelques traits ce souverain, puis de façon plus détaillée, à évoquer la transformation radicale de la physionomie de la capitale belge et plus loin dans une dernière partie, nous présenterons quelques aspects méconnus de la personnalité atypique de ce géant.

- Dès son avènement, Léopold II s'affirme comme un monarque ambitieux, à l'étroit dans les frontières de son petit pays.
- Ses deux soucis majeurs sont d' « ouvrir la Belgique sur la mer », et pour ce faire, d'acquérir des colonies, et de donner au pays une capitale prestigieuse.
- C'est à titre individuel, donc sans le concours ni du gouvernement, ni des Chambres que le roi se lance dans l' « aventure coloniale » qu'il finance de sa fortune personnelle qu'il risque dans l'affaire.
- Le Congo est une « colonie d'exploitation » riche en matières premières ; l'opération sera donc rentable pour Léopold II, mais aussi pour la Belgique : le port d'Anvers deviendra le troisième en importance au monde et le pays se hissera dans le TOP 5 des puissances économiques et industrielles de la planète.
- Cette richesse considérable a permis de transformer radicalement le visage de Bruxelles et d'en faire la ville qu'elle est devenue.
- Certes peu morale, l'entreprise s'est effectivement révélée très « juteuse »
- Enfin, l'action de Léopold II sur le plan diplomatique a définitivement assis l'indépendance du pays.

1. Léopold II, le Roi bâtisseur

Léopold II a marqué le paysage urbain bruxellois. Grand admirateur du préfet parisien Hausmann et des transformations, alors récentes, qu'il avait apportées à la capitale française, le roi fut l'initiateur de nombreux projets, dont certains qu'il finança en partie.
Vers 1866 il commanda à Victor Besme des plans visionnaires "Plans d'ensemble pour l'extension et l'embellissement de l'agglomération bruxelloise".
Ceux-ci, d'une envergure énorme, n'étaient pas financièrement réalisables. Mais Léopold II resta fidèle à la vision de Besme et les grandes perspectives n'ont plus bougé depuis lors.
Comme pour l'épopée coloniale, le monde politique belge était à tout le moins sceptique, sinon hostile, aux projets grandioses du roi.

1.1 Avenues et perspectives

Une des réalisations les plus spectaculaires de Léopold II, qui transforma le visage de la région, est le tracé de grandes artères offrant des perspectives : l'avenue Louise, l'avenue de Tervuren et le boulevard Général Jacques.
La philosophie de ces projets est identique : relier la ville à des zones boisées, via des avenues longues de plusieurs kilomètres, étonnamment larges pour l'époque, abondamment plantées et pourvues d'allées pour cavaliers, cyclistes et piétons, au grand ravissement de la bourgeoisie de l'époque.

Par exemple, les Arcades du Cinquantenaire constituent une perspective visible du début de la rue de la Loi qui se prolonge par l'avenue de Tervuren jusqu'au Musée Colonial, son parc à la française et la vaste zone boisée, reste de la forêt de Soignes, qui s'ouvre juste derrière.

L'avenue Louise démarre à 200 m du palais de justice et rejoint le bois de la Cambre, qui lui aussi jouxte la forêt de Soignes, à son autre extrémité.
Pendant un siècle ces deux destinations furent les promenades préférées des Bruxellois et elles le sont partiellement restées.
Leur but : ouvrir la ville bien au delà des limites de la seconde enceinte fortifiée qui correspond à peu près au « Pentagone ».
Sur ce point au moins l'avenir donna raison à Léopold II.

Le boulevard Général Jacques est lui hors Pentagone mais mène également au Bois de la Cambre

1.2 Grands édifices construits ou transformés.

Palais Royal de Bruxelles
Palais de Justice de Bruxelles
Serres royales de Laeken
Tour Japonaise
Pavillon chinois
Chalet norvégien
Grands travaux dans le centre de Bruxelles. Ici une remarque importante s'impose. De 1863 à 1879, Jules Anspach (voir article détaillé à son sujet) est bourgmestre de Bruxelles ; on l'a surnommé le Hausmann bruxellois et il a une vision de sa ville assez proche de celle du souverain ; du reste les deux hommes se concertent régulièrement. Il est donc parfois difficile de savoir si le mérite de telle ou telle réalisation revient à l'un, à l'autre, ou aux deux.

1.3 Parcs

Léopold II joue un rôle important dans la création ou l'aménagement de parcs en région bruxelloise. A son initiative on doit la création ou la préservation de 1000 hectares d'espaces verts publics, ce qui est colossal.
Outre sa volonté d'embellissement, il faut mentionner, par simple souci d'équité historique, le fait qu'il était aussi soucieux d'offrir aux habitants des quartiers populaires des parcs proches de chez eux.

Parc Duden
Parc de Forest
Parc du Cinquantenaire
Bois de la Cambre
Parc de Laeken
Parc de Woluwe
Parc de Tervuren (hors région de Bruxelles, mais conçu dès le départ comme un but de promenade pour les habitants de la capitale.
Jardin du Roi
Cette liste incomplète peut et doit être complétée.

2. Drame familial majeur

Léopold II a un fils unique qui est sa fierté : le petit prince Léopold, duc de Brabant et successeur présumé. Un jour d'été, l'enfant joue dans le parc du château, y fait une chute dans un bassin et tombe malade. Il ne s'en remettra pas et décède cinq mois plus tard. Il n'avait pas encore dix ans. Réputé insensible, le roi est brisé par le chagrin et s'aigrit encore davantage. Ses relations avec son épouse qui étaient déjà détestables deviennent inexistantes. La famille explose littéralement, le père rejetant aussi totalement deux de ses filles Louise et Stéphanie, au point de les déshériter (sa fortune était colossale). Seule sa cadette, la princesse Clémentine, trouvera particulièrement grâce à ses yeux : surnommée « la petite reine » elle paraît, seule, à ses côtés lors de cérémonies officielles.

3. Un caractère « particulier »

On a utilisé tous les qualificatifs à propos de notre deuxième roi : misanthrope, misogyne, mégalomane, égocentrique, avare, cupide, mais aussi, parfois, visionnaire, travailleur, soucieux de la grandeur de la nation. En tout cas, il n'est pas « comme tout le monde »
Physiquement déjà : de très grande taille pour l'époque, il a quasi l'aspect d'un épouvantail à moineaux. Il portait généralement des vêtements usés jusqu'à la trame et très mal assortis. Boiteux de surcroît, il se déplaçait en claudiquant, appuyé sur un parapluie.
Son véhicule préféré était un tricycle aux commandes duquel il adorait circuler à toute allure sur la digue d'Ostende en terrorisant les piétons. Il était suivi dans ses déplacements par un serviteur à bicyclette : le convoi devait avoir fière allure !
Conséquence probable de sa « vie privée déréglée, Léopold II devait à tout prix pouvoir entrer et sortir incognito de ses diverses résidences. Résultat le Château de Laeken était truffé de « faux-meubles » basculant d'un « clic » et ouvrant sur un escalier dérobé, de passages et couloirs secrets dont la longueur était parfois considérable : l'un d'eux reliait le château à la Tour japonaise. Il en existait également au Palais royal de Bruxelles.
On sait que le roi n'était pas populaire, il était continuellement en conflit avec ses ministres qu'il virait comme de simples laquais, se moquait de l'avis du Parlement, de la presse et de l'opinion publique qu'il méprisait ouvertement.

On ignore cependant généralement que le petit peuple, les gens de la rue, éprouvait pour lui une véritable haine. Ce Roi, aussi contestable fût-il, mais qui donna à notre pays, jusque-là minable, une richesse, une prospérité inégalée a été enterré sous les quolibets et les injures des rares badauds présents sur le parcours du convoi funèbre, le 22 décembre 1909. Il faisait ce jour-là un temps à ne pas mettre un belge dehors : heureusement, sinon les injures eussent été plus nombreuses encore. Ce ne fut que crachats, coups de sifflet et cris de « Mort au roi » (ce qui était déjà fait), « A bas Popol II », « Vive la république », « Roi dépravé », etc.
Triste fin pour un grand sire a écrit un auteur.

A noter que lors d'un sondage effectué en 2005, à l'occasion du 175e anniversaire de la Belgique, Léopold II restait parmi les trois belges les plus haïs de tous les temps.

Hommages

Malgré tout cela, la région a tout de même commémoré son souvenir :

- Nous avons un boulevard Léopold II, percé du tunnel Léopold II
- statue équestre de Léopold II place du Trône fut inaugurée en 1926.
- Buste de Léopold II par Jef Lambeaux (http://www.reflexcity.net/bruxelles/photo/5da981af938023ed373e177c41193809)

Bibliograhie : quelques anecdotes moins connues sur Léopold II ont été puisées dans la remarquable « Spectaculaire Histoire des rois des Belges » de Patrick Roegiers. Editions Perrin 2008.